Les toutes premières années du XIXème siècle
le verront ensuite partir pour Constantinople, chargé
d'assurer les systèmes de défense pour les places
fortes de Turquie.
En 1810, les travaux du fort de Bard sont placés sous
sa direction. Des travaux encore à Venise, Mantoue ou
la Rocca d'Anfo. Il participe également à la mission
dirigée par le général Sebastiani préposé
alors aux travaux d'amélioration des fortifications des
Dardanelles.
Dès 1811,
Napoléon Bonaparte le nomme à la tête du
commandement du génie de l'armée d'Allemagne.
C'est à cette même période qu'il met en
oeuvre ces premières grandes réalisations, notamment
à Dantzig, où il expérimente les fameuses
batteries casematées qui garderont à jamais le
nom de leur illustre concepteur.
Général
de division en 1812, pendant la campagne de Russie à
laquelle il participe très activement, il est nommé
commandant du génie de la garde impériale en 1813.
En 1813, chargé un temps du gouvernement de Magdebourg,
Napoléon en fait ensuite son aide de camp puis commandant
en chef du génie de la garde impériale. Membre
du Comité des fortifications en 1814, Il reprend ses
anciennes fonctions au retour de l'île d'Elbe et sera
des grandes batailles de Waterloo en 1815.
A la chute de
Napoléon, il est réintégré aux fonctions
d'inspecteur général des Fortifications.
Pendant cette période, il parviendra, non sans opposition
ou de discussions interminables comme pour Fort l'Ecluse, à
reconstruire selon les conditions de l'époque et de l'expérience
qu'il avait lui-même gardé de ces batailles sur
le terrain, les vieilles forteresses de Vauban et de Cormontaigne
malmenées par les invasions de 1814 et de 1815. Il s'emploie
alors à modifier et améliorer les fortifications
frontalières: Grenoble, Besançon, Dunkerque, Saint-Omer,
Sedan, Fort l'Ecluse et plus d'une soixantaine de forteresses
dont Belfort.
Ayant croisé
les nouvelles pratiques de l’artillerie il réalisa
un nouveau type de batteries casematées qui portent son
nom : les casemates Haxo.
Les maçonneries, de forte constitution, sont recouvertes
d'imposantes masses de terre, ouvertes pour ventilation à
l’arrière, qui absorbent ainsi le choc des impacts
de projectile, forment une sorte de coquille protectrice et
empêche la chambre forte en maçonnerie de se disloquer.
Elles ont été conçues par le général
Haxo en réponse à la nécessité de
préserver les tirs d'artillerie défensifs dans
les étapes finales d'un siège. Protégées
des armes placés au devant du bastion contre le tir vertical,
direct et de ricochet, ces batteries permettent le service efficace
et rapide des pièces d'artillerie lors de tirs de défense
cadencés.
Quelque peu
oublié aujourd'hui, notamment parceque l'on ne peut pas
parler de "système Haxo" comme pour Vauban
ou Séré de Rivières. il reste cependant
considéré comme le premier ingénieur en
Europe de ce premier tiers du 19ième siècle.
Sa carrière est des plus intéressantes du fait
des pays où il agit et des solutions apportées
. Son image reste également marquée par le siège
tactique et astucieux qu'il a mené de main de maître
sur la citadelle d'Anvers; forteresse impressionante réduite
à la reddition après un siège d'un peu
plus de trois semaines, le 23 décembre 1832.
Ses dernières
années furent consacrées à l'apport d'expertise
et de recommandations pour les fortifications de Paris ou encore
de Lyon. Si il dirige les premiers travaux , l'ensemble des
restructurations ne sera achevé qu'après sa mort,
synthétisées et augmentées de nombreuses
autres contributions d'ingénieurs, par la deuxième
grande figure de la fortification après Vauban : Séré
de Rivières.
Le général Haxo meurt à Paris en juin 1838,
après une vingtaine d'années de campagnes militaires,
quatre-vingt-dix-neuf batailles et une empreinte laissée
à jamais sur le visage de la fortification française
et européenne.