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De César jusqu'aux batailles contre les Autrichiens en 1815e
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Début XVIIIème, le siècle des Lumières.

Balloté entre les tenants du Fort l'Ecluse trop peu structuré et équipé, et ceux qui voient dans ce dernier la forteresse stratégique et indispensable; balloté entre les projets de restructuration plus ou moins ambitieux et la réalité des finances royales, le fort semble tout de même gagner pour un temps sa survie. Fort l'Ecluse sera sauvegardé dans le système de défense des frontières proposé à Louis XIV par Louvois et Vauban, tout juste élevé à la dignité de maréchal de France en janvier 1703. Vauban décèdera en 1707.

Plus tard et sur intervention de M.de Biancoletti, ingénieur du Roi et directeur des fortifications de Bourgogne, des aménagements sont à nouveau réalisés. De 1721 à 1723 : une fausse braie (Cf.Glossaire), plate-forme d'artillerie, et surtout de ce fait une nouvelle enceinte extérieure sont construites, supprimant alors la gaillarde passerelle de bois et permettant de réintégrer la route à l'intérieur même du fort. On compléta ensuite le dispositif par des pont-levis, dont l'un, celui de la Porte de France, dit à système Belidor (Cf.Glossaire), on compléta aussi l'artillerie de quelques canons de gros calibre.

Las. Dès le milieu du XVIIIème siècle, le fort ne fut pas entretenu régulièrement et redevint la proie de l'humidité ambiante et des éboulements. Louis XV puis la Révolution n'y firent pas grand chose. Pas plus que nos officiers de troupes ou Bonaparte, occupés dans des conflits ou conquètes lointaines en cette fin de XVIIIème siècle. Entre artillerie obsolète voire inexistante et garnison d'invalides ou de soldats en fin de carrière, la réalité d'alors ne permettait pas à Fort l'Ecluse de pouvoir prétendre à subir et repousser un possible siège de plusieurs jours ou une attaque d'envergure. Et c'est bien ce qui allait se produire quelques années plus tard.

Le 18 septembre 1812 Napoléon quitte Moscou en flammes, débutent alors la retraite de Russie puis de nombreux revers militaires. Mars 1813, la Prusse déclare la guerre à la France. Août de la même année, l'Autriche déclare la guerre à la France. Janvier 1814, des colonnes Autrichiennes sont déjà en route vers le Jura et le haut Rhône et il sera impossible d'armer convenablement et assez rapidement le fort. Il sera tout de même vaillament défendu, notamment avec l'aide de nombreux jeunes gens et paysans des environs.

Après avoir abdiqué en avril 1814 et laissé une première fois la France aux royalistes et à Louis XVIII, Napoléon reprend dès les premiers mois de l'année 1815 le chemin vers Paris avec la ferme intention de reprendre le pouvoir et repousser à nouveau les frontières du pays.

En effet, le 30 mai 1814, suite au Traité de Paris, la France avait retrouvé ses frontières de 1792. Puis, le 3 janvier 1815, un traité d'alliance entre la France, l'Autriche et l'Angleterre était signé. S'en était trop pour Napoléon.

Pour la seconde fois en quelques mois, Fort L'Ecluse se trouve sur la ligne de défense face à la contre-attaque Autrichienne. Les troupes Autrichiennes feront tomber Fort L'Ecluse en juillet 1815 et le laisseront en ruines.


     

c’est dans Alexandrie que je voudrais concentrer tout l’art de la défense, afin que, perdant l’Italie, une petite armée ou une garnison de 15 à 20 000 hommes puisse s’y tenir enfermée pendant un an

 



AU GÉNÉRAL CLARKE, MINISTRE DE LA GUERRE.
Fontainebleau, 27 septembre 1807.

Je vous renvoie les plans et rapports que vous m’avez faits sur les différentes places. Je désire que vous teniez toutes les semaines un conseil de fortification, afin de comparer les comptes de tout ce que l’on a fait avec les sommes accordées cette année, de manière que, dans le courant de novembre, vous puissiez me rendre compte, connaître la situation de mes principales places, et que chacun de vos rapports dise ce qui a été dépensé depuis l’an VIII et ce qu’on a fait, afin qu’on puisse voir ce qu’a coûté chaque ouvrage.

Vous devez aussi me faire connaître les évaluations faites par les officiers du génie, afin que je m’assure que leurs évaluations n’ont pas été dépassées, et que je puisse connaître le degré de confiance que je puis mettre à leurs estimations pour tous les nouveaux travaux que je veux entreprendre.

Dans le même conseil que je tiendrai pendant le mois de novembre, vous me présenterez le budget de 1808. Les fonds que je veux affecter an génie ne peuvent dépasser douze millions. L’art est de dépenser cette somme au plus grand avantage de l’État. Sur cette somme, mon intention est de dépenser cinq millions pour Alexandrie.

Par ce moyen, je connaîtrai en général la situation positive des différentes places. Je fixerai défi-nitivement les projets à adopter. J’accorderai les fonds pour les travaux à faire en 1808. La place qui m’importe par-dessus tout, c’est Alexandrie; après Alexandrie, Mayence; après Mayence, Wesel; après Wesel, Strasbourg et Kehl, et enfin les places de Venloo, Juliers et Maëstricht.

Comme la place de Flessingue désormais m’ap-partient, et que cette place acquiert une nouvelle importance, il sera convenable de me présenter un projet complet qui me fasse connaître le parti qu’on pourrait tirer de la coupure des digues, si l’ennemi s'était emparé de l’île.
Anvers, Boulogne, Ostende viennent après.

Strasbourg, Mayence et Wesel sont déjà susceptibles d’une grande défense. Les ouvrages que l’on fait à Kehl, à Cassel et à Wesel tendent à donner à ces places de nouvelles propriétés.

La place de Venloo, selon sa capacité, peut se défendre ; celle de Juliers, au contraire, n’est encore susceptible d’aucune défense sérieuse; Alexandrie est dans un état pire encore. Je mets donc de l’importance à ce qu’en 1808, et 1809 au plus tard, Alexandrie et Juliers puissent avoir toutes leurs propriétés.
Du reste, je n’accorde point de fonds supplémen-taires, ni pour Kehl, ni pour Mayence, ni pour Anvers, ni pour Boulogne ; cependant j’autorise pour Kehl qu’on puisse dépenser cette année 200,000 francs de plus, lesquels devront être portés sur le budget de 1808.

Quelque important que soit Kehl, la prise de cette place n’influera pas sur celle de Strasbourg. La prise de Cassel, au contraire, influera réellement sur celle de Mayence. Il faut donc prendre un parti sur cette place si importante.

Quant à Lans-le-Bourg, j’arrêterai le plan aux différents conseils que je tiendrai en novembre ; mais il faut qu’il soit coordonné avec l’auberge que les ponts et chaussées sont chargés de construire, et qu’on me fasse bien connaître la situation topographique des lieux où doivent être établis les bâtiments, de manière qu’ils soient à l’abri d'un coup de main. Mais, comme la somme de 400,000 francs est beaucoup trop considérable, il faudra peut-être se réduire à établir un logement pour un simple bataillon de 900 hommes. L’auberge, dans ce cas-là, sera plus commode pour les officiers. Cette caserne ne doit jamais être qu’un logement de passage. Je pense qu’il est nécessaire aussi de terminer la caserne de Chambéry.

Je désire qu’avant novembre le général Marescot ait été faire une inspection sérieuse à Alexandrie. Les grandes dépenses que j’y ai faites, celles que je veux y faire l’année prochaine, demandent qu’il n’y ait rien de négligé. J’exige qu’on soit assuré de la bonne conduite de la comptabilité, de la bonne conduite de ceux qui dirigent les travaux, et aussi de leur docilité à exécuter les différents ordres.

Il faut aussi que le gépéral Marescot approfondisse sur les lieux les divers tracés et le système général de la place, et vous remette ses observations, afin d’améliorer ce qui en sera susceptible ; car c’est dans Alexandrie que je voudrais concentrer tout l’art de la défense, afin que, perdant l’Italie, une petite armée ou une garnison de 15 à 20,000 bommes puisse s’y tenir enfermée pendant un an, si elle a des vivres pour cet espace de temps.

Napoléon Bonaparte.
D’après la minute. Archives de l’Empire.

 

 

 

1815 : Fort L'Ecluse ne pourra résister aux terribles assauts des troupes Autrichiennes en marche sur la France.

 

Au cours des premiers de l'année 1815, trois redoutes (Cf.Glossaire), provisoires mais en pierres, devaient être élevées pour protéger l'approche du fort. L'une sur le mont Wuache, face au fort, une autre côté Genève sur les pentes dominant le village de Collonges et enfin la dernière, accrochée à la paroie rocheuse, à l'applomb même du fort et permettant de garder celui-ci d'une attaque par le haut. C'est l'esprit de cette dernière redoute qui dictera, bien plus tard, l'édification d'un "fort supérieur".

Le fort en lui-même reçu quelques aménagements : une partie du casernement et des magasins fut blindée.

Malgré ces dispositions, et le renfort important des villageois, Villetard de Laguerie et ses quelques 550 hommes auront de toute évidence peu de chance de garder la position durablement dans le cas d'une attaque massive.

Début juillet 1815.

L'effet de surprise créé par ces redoutes et par l'engagement très actif des habitants de Longeray, Léaz ou encore Collonges dans les attaques ne durera qu'un temps. Avec près de 3 000 hommes, les troupes Autrichiennes engagées dans la prise du fort, sur l'ouverture de ce "cadenas" sur la route vers la France, malgré de lourdes pertes, firent enfin donner l'artillerie, canons et obusiers, sans relâche.

Fort l'Ecluse ne capitulera qu'au terme de ces huit premiers jours de juillet 1815; après plus d'une semaine de tirs incessants des canons de gros calibre des artilleurs Autrichiens, un incendie immense et l'éboulement complet du bâtiment de la porte de Genève. Du reste des bâtiments en piteux état ne subsistera que la tour ronde de la porte de France... restée dressée comme pour annoncer que Fort l'Ecluse renaîtrai de ses cendres dès les décennies suivantes !

 
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